NAO sécurité privée 2027 : chiffrer sans grille signée

Deux agents de sécurité se relaient à l'entrée d'un immeuble parisien avant l'aube
Depuis juillet 2026, l'heure de prise de poste et l'heure de fin délimitent une période de travail payée au minimum six heures.

Au 8 septembre 2026, aucun accord salaires 2027 n'est signé dans la branche prévention et sécurité. L'accord collectif triennal du 25 septembre 2023 a produit sa dernière marche au 1er janvier 2026 et ne prévoit rien au-delà. Qui remet aujourd'hui une offre à effet janvier chiffre donc contre une augmentation que personne n'a négociée, sur une grille dont l'écart avec le SMIC est tombé à onze centimes.

En bref : Aucun avenant salaires 2027 n'est signé ni étendu, et aucun calendrier de négociation n'est publié. La grille du 1er janvier 2026 reste seule opposable, à onze centimes du SMIC. Le taux horaire 2027 se construit sur les seules données certaines, et l'augmentation se rattrape par une clause d'indexation.

Où en est la négociation salariale 2027

Aucun accord salaires 2027 n'est signé ni étendu au 8 septembre 2026. L'accord collectif triennal du 25 septembre 2023 a produit sa troisième et dernière revalorisation au 1er janvier 2026, sans suite programmée. La grille de 2026 reste donc la seule opposable, et aucun calendrier paritaire pour 2027 n'a été rendu public.

La convention collective prévention et sécurité, IDCC 1351, ne connaît ni groupe régional ni grille locale : une seule table nationale fixe les minima pour toute la branche. L'accord du 25 septembre 2023 les a relevés en trois marches, dont 3,2 % au 1er janvier 2025 et 2,8 % au 1er janvier 2026. Le texte ne va pas plus loin.

Pour qu'un nouvel accord s'impose à toute la branche, il faut la signature puis l'extension par arrêté du ministère du travail. Les deux derniers textes étendus donnent la mesure du délai.

Délai entre signature et opposabilité sur les deux derniers textes étendus de la branche.
Texte Signature Arrêté d'extension Effet
Accord collectif triennal, revalorisations 2024, 2025 et 2026 25 septembre 2023 20 décembre 2023 paies de janvier 2024
Avenant n° 2, durée minimale d'une période de travail 3 septembre 2025 27 mai 2026, JORF du 5 juin 2026 1er juillet 2026

Trois mois dans un cas, dix mois dans l'autre. L'avenant n° 2 fixe lui-même son entrée en vigueur au premier jour du mois suivant la publication de son arrêté d'extension, comme le faisait déjà l'accord du 29 octobre 2003 sur le dimanche. Un accord signé en décembre 2026 ne produirait donc ses effets qu'en cours d'année 2027, à une date inconnue au moment où vous remettez votre offre. Les taux qui circulent aujourd'hui sont des projections.

Onze centimes séparent la grille du SMIC

Au coefficient 120, le minimum conventionnel s'élève à 1 883,85 € par mois pour 151,67 heures, soit 12,42 € de l'heure. Le SMIC est passé à 12,31 € par l'arrêté du 22 mai 2026. Onze centimes séparent les deux valeurs, soit 16,83 € par mois et 0,90 %.

Cet écart ne se referme pas par une décision de branche, il se referme tout seul. Le SMIC est revalorisé chaque 1er janvier et se réajuste automatiquement dès que l'indice des prix à la consommation progresse d'au moins 2 %, mécanisme qui a produit deux hausses en 2026. La grille conventionnelle ne bouge, elle, que si les partenaires sociaux signent.

Le coefficient 120 est le coefficient d'entrée de l'agent de sécurité qualifié. Quand ce bas de grille se tasse contre le SMIC, l'écart entre un poste qui exige une carte professionnelle et un emploi non qualifié se réduit sans qu'aucune décision d'entreprise ne l'ait voulu. Notre article sur la pénurie en sécurité privée relevait déjà cette proximité avant la revalorisation de mai.

La vacation minimale de six heures change le coût des interventions courtes

Depuis le 1er juillet 2026, toute période de travail est rémunérée avec un minimum de six heures. L'avenant n° 2 du 3 septembre 2025 insère cette règle à l'article 7.12 de la convention collective. Elle vise les agents d'exploitation et les agents de maîtrise, quel que soit l'effectif de l'entreprise.

Agent de sécurité badgeant un point de contrôle à l'entrée d'un local d'activité, avant l'aube
L'horodatage de la prise de service, et non la durée réellement passée sur place, fixe la base de paie de ces interventions.

Le texte pose deux règles. La rémunération suit le travail effectif accompli, « avec un minimum de 6 heures ». Lorsque la notion d'amplitude s'applique, celle-ci va du début de la première prise de poste à la fin du dernier poste, sans pouvoir non plus être rémunérée pour moins de six heures.

La coupure décide de laquelle des deux règles s'applique. Une coupure non rémunérée inférieure ou égale à deux heures regroupe les deux séquences en une seule période de travail, décomptée depuis la première prise de service effective. Au-delà de deux heures, l'agent est rémunéré sur la base de l'amplitude.

L'exemple figure dans le texte lui-même. Un agent qui travaille de 9 h à 10 h puis de 12 h 30 à 14 h a effectué deux heures trente ; la coupure dépasse deux heures, l'amplitude s'applique et se paie six heures. Vous réglez trois heures trente que personne n'a travaillées, soit 43,47 € de salaire brut avant charges, sur une seule vacation.

La règle frappe exactement ce que la branche vend à l'acte : intervention sur alarme, ronde courte, ouverture et fermeture de site, remplacement ponctuel. Une entreprise qui a bâti ses tarifs d'intervention sur le temps réellement passé sur site facture depuis juillet en dessous de son coût. Les exclusions restent limitées : astreinte, annexe VIII, visites médicales, réunions, formation et heures de mandat.

Construire le taux horaire de facturation 2027 en six étapes

Le taux horaire de facturation est le montant facturé au client par heure de prestation. Il se construit à partir du minimum conventionnel en six opérations : majorations, charges patronales, passage des heures payées aux heures facturables, frais généraux, puis marge. Quatre de ces valeurs ne se lisent que dans vos propres comptes.

Deux responsables d'exploitation revoient le calcul d'un taux horaire, le soir, dans un bureau
Quatre des six valeurs ne sortent d'aucune grille : elles se lisent dans vos propres comptes et vos heures réalisées.

Étape 1 : le salaire de base horaire

Prenez la valeur de la grille annexée à l'accord du 25 septembre 2023, pas un récapitulatif : ceux qui circulent reprennent les marches avec du retard, et quelques centimes se propagent dans tout le calcul. L'exemple part du coefficient 120, soit 12,42 € de l'heure. Au 1er janvier 2027, le SMIC fera de toute façon plancher.

Étape 2 : les majorations conventionnelles

Trois majorations s'ajoutent selon les heures réellement couvertes par le site. Les heures comprises entre 21 heures et 6 heures sont majorées de 10 % du taux horaire minimum conventionnel, en application de l'avenant du 25 septembre 2001. Toutes les heures du dimanche, de 0 heure à 24 heures, sont majorées de 10 % du même taux, en application de l'article 1er de l'accord du 29 octobre 2003. Les jours fériés légaux travaillés ouvrent droit, en plus du salaire correspondant au travail effectué, à une indemnité égale à ce salaire.

Deux détails d'assiette changent le résultat. Les majorations de nuit et du dimanche portent sur le taux horaire minimum conventionnel, pas sur le salaire que vous versez : si vous payez au-dessus de la grille, elles ne suivent pas. Et celle du dimanche se calcule avant toute autre, sans entrer dans l'assiette des autres.

Poste occupé en continu, 8 760 heures par an, onze jours fériés légaux, base 12,42 €. L'Alsace-Moselle en compte deux de plus.
Majoration Heures concernées Part de l'année Effet lissé par heure
Nuit, 21 h à 6 h, 10 % 3 285 h 37,5 % 0,47 €
Dimanche, 0 h à 24 h, 10 % 1 248 h 14,2 % 0,18 €
Jours fériés légaux, 100 % 264 h 3,0 % 0,37 €
Total 1,02 €

Le même calcul sur un poste de jour du lundi au samedi donne zéro. Au même coefficient, un gardiennage en continu et un accueil en horaires de bureau se séparent de 1,02 € de l'heure, soit 8,2 %, sur la seule structure des heures. Ce taux se calcule par site, pas par entreprise.

Étape 3 : les charges patronales

Appliquez votre propre taux, il n'existe pas de valeur de branche. Il dépend de votre effectif, du taux d'accident du travail notifié à votre établissement, du FNAL, de la mutuelle et de la prévoyance. Depuis le 1er janvier 2026, les allègements généraux sont fusionnés en une réduction unique et dégressive, maximale au niveau du SMIC et décroissante à mesure que le brut augmente.

Cette dégressivité pèse sur l'étape précédente. Chaque euro de majoration entre dans le brut et fait reculer la réduction : une heure de nuit coûte ses dix pour cent, plus la fraction de réduction qu'elle fait perdre. Le droit français n'exonère pas ces majorations, qui sont du salaire soumis aux cotisations, à la CSG, à la CRDS et à l'impôt. Un calculateur importé d'un marché qui les exonère produit ici un prix trop bas.

Étape 4 : des heures payées aux heures facturables

Deux corrections s'enchaînent sans se compenser. La vacation minimale de six heures d'abord : sur les prestations courtes, les heures payées dépassent les heures vendues, et l'écart se lit dans les plannings réalisés, pas dans le contrat. Les congés payés, jours fériés chômés, arrêts et formations ensuite, que vous payez sans les facturer. Divisez le coût horaire par un moins votre taux d'absence.

Ce taux se calcule sur les heures réalisées de l'exercice précédent. Sur un poste en continu, l'écart avec le prévisionnel vient surtout des remplacements, et un remplacement de nuit se facture au prix d'une heure de jour tout en coûtant la majoration. Un enregistrement du temps qui oppose planifié et réalisé le donne sans reconstitution manuelle.

Étape 5 : les frais généraux

Divisez les frais généraux de l'exercice par les coûts de personnel directs du même exercice. Un poste de commandement tourne indépendamment du carnet de commandes et les prestations mobiles portent des coûts de véhicule qu'un site fixe n'a pas : un taux unique appliqué partout fait financer les rondes mobiles par le gardiennage fixe.

Étape 6 : la marge

La marge cible se divise, elle ne s'ajoute pas. Sur un coût de revient de 25,00 € et une cible de 5 %, la multiplication donne 26,25 € et 4,76 % de marge réelle ; la division par 0,95 donne 26,32 € et les 5 % visés. Sur un site en continu, l'écart annuel atteint environ 580 €.

L'article R631-21 du code de la sécurité intérieure encadre l'exercice par le bas : il interdit de nouer ou de maintenir des relations commerciales fondées sur des prix de prestations anormalement bas qui empêcheraient l'entreprise de respecter ses obligations, notamment sociales. Un prix construit en ignorant la vacation minimale ou les majorations conventionnelles se place dans ce champ.

Indexer le prix plutôt que deviner l'augmentation

Une clause de révision indexée transfère la hausse future sans rouvrir le contrat. Le GES, organisation patronale de la branche, publie chaque mois l'ICSP, indice des coûts de revient de la sécurité privée, base 100 en janvier 2022, avec la formule Pr = Pi × (S1 / S0). Vous inscrivez l'indice dans le contrat au lieu d'y inscrire un montant.

Pi est le prix initial, S0 la valeur de l'indice à la signature et S1 sa valeur à la date de révision.

Indice ICSP, base 100 en janvier 2022. Dernière valeur publiée au 8 septembre 2026 ; vérifiez la valeur du mois avant de l'inscrire dans un avenant.
Date ICSP
janvier 2022, base 100,0
décembre 2022 105,8
décembre 2023 112,7
décembre 2024 118,0
décembre 2025 122,4
juillet 2026 124,5

Un contrat signé fin 2024 à 25,00 € de l'heure, révisé sur la valeur de juillet 2026, donne 25,00 × 124,5 / 118,0, soit 26,38 €. Sur un site occupé en continu, l'écart représente environ 12 000 € par an, sans renégociation et sans attendre l'issue de la négociation salariale. La même clause absorbera l'accord 2027 le jour où il sera étendu, même si cette date tombe en juin.

L'indexation ne dispense pas de la preuve : une révision se défend avec des heures livrées et une répartition documentée entre nuit, dimanche et jour férié, comme une remise d'offre, sujet traité dans notre article sur les preuves attendues dans les appels d'offres. L'article 7.12 y ajoute l'heure exacte de prise de poste, l'heure de fin et la durée de la coupure. COREDINATE, une main courante électronique, horodate ces bornes par agent et par site, et ses évaluations en tirent la répartition des heures. Ce sont les valeurs qui manquent aux étapes 2 et 4.

Questions fréquentes

Une augmentation de salaire est-elle prévue dans la sécurité privée en 2027 ?

Aucun avenant salaires 2027 n'était signé ni étendu au 8 septembre 2026. L'accord collectif triennal du 25 septembre 2023 a produit sa dernière revalorisation au 1er janvier 2026 et ne prévoit rien pour 2027. Aucun calendrier de négociation n'a été publié, et les taux qui circulent sont des projections, pas des minima opposables.

Quelle grille de salaire s'applique tant que la négociation 2027 n'a pas abouti ?

Celle du 1er janvier 2026, troisième marche de l'accord du 25 septembre 2023. Elle reste seule opposable tant qu'un nouvel avenant n'a pas été signé puis étendu par arrêté. Au coefficient 120, le minimum conventionnel s'élève à 1 883,85 € par mois pour 151,67 heures, soit 12,42 € de l'heure.

Comment sont calculées les majorations de nuit et de dimanche dans la convention collective 1351 ?

Sur le taux horaire minimum conventionnel, pas sur le salaire réellement versé. Les heures entre 21 heures et 6 heures sont majorées de 10 % par l'avenant du 25 septembre 2001, et toutes les heures du dimanche de 10 % par l'accord du 29 octobre 2003. Cette dernière se calcule avant toute autre, sans entrer dans leur assiette.

Faut-il payer six heures pour une intervention de deux heures ?

Oui, lorsque la période de travail relève de l'article 7.12 de la convention collective. Depuis le 1er juillet 2026, toute période de travail est rémunérée avec un minimum de six heures, et l'amplitude ne peut pas non plus être payée pour moins. La règle vise les agents d'exploitation et les agents de maîtrise, quel que soit l'effectif.

Comment chiffrer un contrat 2027 sans connaître l'augmentation ?

En séparant ce qui est certain de ce qui ne l'est pas. Le SMIC au 1er janvier, la grille de 2026, les majorations conventionnelles et la vacation minimale de six heures se calculent aujourd'hui. L'augmentation à venir se traite par une clause de révision indexée sur l'ICSP, formule Pr = Pi × (S1 / S0), plutôt que par un montant fixe.


Les étapes 2 et 4 ne se calculent qu'avec des heures réelles. Relevez pendant quatorze jours la répartition nuit, dimanche et jour férié de vos sites avec le kit de test, puis reprenez le calcul avec vos propres valeurs.