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Pénurie sécurité privée : 193 000 embauches, 185 000 départs
Ricarda Schmidt
:
26.03.2026
La pénurie en sécurité privée ne se résume pas à un manque de candidats. En 2023, le secteur a enregistré 193 000 embauches et 185 000 départs, dans un effectif total de 210 500 salariés (Rapport de Branche 2025). Un taux d'embauche de 92 % et un taux de départ de 88 %. Le problème n'est pas de trouver des agents. C'est de les garder.
En bref : La sécurité privée française génère 11,12 milliards d'euros de chiffre d'affaires, mais ses agents d'entrée gagnent 60 euros de plus que le SMIC. 30 % quittent le secteur à l'expiration de leur carte professionnelle. Après les JO 2024, le déficit structurel de 20 000 postes persiste.
193 000 entrées, 185 000 sorties
Le Rapport de Branche 2025 chiffre le phénomène : 193 000 embauches en 2023, contre 185 000 départs. Un solde net de +8 000 postes. Ces chiffres décrivent un flux annuel d'entrées et de sorties qui représente la quasi-totalité de l'effectif. Le taux de turnover annuel du secteur se situe à 22 %, contre 15,5 % en moyenne nationale.
La précarité contractuelle aggrave le phénomène : 70 % des nouvelles embauches se font en CDD, et le taux de conversion en CDI n'est que de 2,5 % (Rapport de Branche). Paradoxe apparent : 82 % des salariés en poste sont en CDI. Cela signifie que le noyau stable tient, mais que la porte d'entrée reste un contrat précaire pour la grande majorité des recrues.
Selon France Travail et le GES (mars 2025), 30 % des agents ne renouvellent pas leur carte professionnelle à l'issue des cinq ans de validité. Ils quittent le secteur définitivement. 60 % des salariés actuels ont moins de cinq ans d'ancienneté. La durée moyenne d'emploi dans le secteur est de 5,5 ans : la majorité ne reste qu'un cycle de carte.
Le sous-traitance amplifie le problème : 9,5 % du chiffre d'affaires du secteur passe par des sous-traitants (Rapport de Branche), souvent des microentreprises qui embauchent en CDD courts pour couvrir des missions ponctuelles. Deux tiers des 5 012 entreprises du secteur sont des TPE de moins de 10 salariés.
60 euros au-dessus du SMIC
Un agent de sécurité débutant au coefficient 120 gagne 1 883,85 euros brut par mois en 2026 (convention collective IDCC 1351). Le SMIC est à 1 823,03 euros. L'écart : 60,82 euros par mois, soit +3,3 % pour une profession qui exige 175 heures de formation initiale (TFP APS), une carte professionnelle CNAPS et un renouvellement tous les cinq ans.
L'accord triennal signé en septembre 2023 prévoit des augmentations cumulées de +11,4 % sur trois ans (+5 % en 2024, +3,2 % en 2025, +2,8 % en 2026). Mais les revalorisations successives du SMIC réduisent le différentiel à chaque étape. La majorité des agents reste rémunérée à proximité immédiate du salaire minimum.
Côté entreprises, les marges nettes se situent entre 2 % et 3,7 % (INSEE, données 2016, confirmées comme tendance par les analyses sectorielles récentes). Les charges de personnel représentent 70 à 80 % du chiffre d'affaires (LeadAdvisor). Quand les donneurs d'ordres sélectionnent systématiquement le prestataire le moins cher, la marge pour augmenter les salaires n'existe pas. La course au prix bas structure le secteur et empêche la revalorisation salariale.
Les conditions de travail complètent le tableau : horaires décalés, travail de nuit et le week-end en standard, stations debout prolongées. En 2024, 523 agents ont été victimes d'agression, soit environ 1,4 par jour, en hausse de 10,6 % par rapport à 2023 (LeadAdvisor). Le secteur figure parmi les 15 professions les plus exposées en termes de bien-être psychologique (Officiel Prévention).
L'héritage des Jeux Olympiques
Les JO de Paris 2024 ont mobilisé 16 000 à 17 000 agents privés par jour (Goron), soit 40 % des forces de sécurité déployées pendant les Jeux. Le CNAPS a délivré 88 000 cartes professionnelles en 2024, soit +80 % par rapport aux années précédentes (24 000 à 45 000 en année normale). 25 530 personnes ont été formées, dépassant l'objectif initial de 20 000. L'État a investi 22 millions d'euros dans ces formations.
Beaucoup de ces recrues ont obtenu un CQP PSGE (Surveillance Grands Événements) : 106 heures de formation contre 175 pour le TFP APS complet (France Compétences). Cette carte professionnelle temporaire expirait le 30 septembre 2025. Pour continuer à exercer, les agents devaient compléter 69 heures de formation passerelle. Aucune donnée sectorielle consolidée sur la rétention de ces recrues n'a été publiée.
Ce que les chiffres montrent en revanche : depuis l'automne 2024, environ 100 entreprises de sécurité humaine font défaut chaque mois (Face au Risque). Le taux de défaillance dans le gardiennage atteint 12 %, un record depuis 2014 (L'Essor de la Sécurité). 15 % des structures de moins de 2 millions d'euros de CA ont disparu. La sécurité aéroportuaire est décrite comme « au bout du rouleau ».
Le déficit structurel, lui, persiste. France Travail chiffrait encore à plus de 10 000 agents le besoin non couvert en mars 2025. La mobilisation olympique a formé des milliers de personnes, mais elle n'a pas changé les conditions qui les poussent à partir : le salaire, la précarité contractuelle et les conditions de travail.
Ce que ça change concrètement
Quand un agent quitte l'entreprise après trois mois de CDD, les consignes spécifiques au site partent avec lui : quelles portes vérifier en priorité, quel client exige une photo à chaque passage, quel accès est fermé après 22 h. Reconstruire ce savoir prend des semaines de doublure avec un collègue expérimenté. Quand l'effectif est déjà en tension, ces semaines n'existent pas.
COREDINATE répond à ce problème opérationnellement :
- Les consignes restent dans le système : Tâches et checklists liées aux points de contrôle. Le nouvel agent scanne un point et voit exactement ce qu'il doit faire. Les procédures survivent au turnover sans reposer sur des classeurs ou des transmissions orales.
- Un planning qui absorbe les imprévus : Un agent se déclare malade à 5 h du matin. Le planning doit être réorganisé immédiatement. Planification digitale avec disponibilités en temps réel, au lieu d'appels téléphoniques et de tableurs.
- Protection du travailleur isolé : Un dispositif d'homme mort déclenche une alerte si un agent ne répond plus pendant une ronde en solo. Avec 523 agressions en 2024, la sécurité des agents est un enjeu opérationnel, pas un supplément.
- Documentation conforme aux exigences CNAPS : Contrôles CNAPS, audits clients, revues de site : tous exigent des preuves documentées. Mains courantes automatisées, scans horodatés et rapports d'incidents génèrent ces preuves en continu, sans travail administratif supplémentaire.
- Portail client en libre accès : Les donneurs d'ordres consultent eux-mêmes les rapports et l'état des rondes via un portail dédié. Moins d'appels entrants, plus de temps pour l'opérationnel.
Le résultat concret : la même équipe couvre plus de terrain avec une meilleure traçabilité, et le savoir opérationnel ne disparaît pas à chaque fin de CDD.
Questions fréquentes
Quelle est la taille du marché de la sécurité privée en France ?
Le marché de la sécurité privée en France a généré 11,12 milliards d'euros HT en 2023 (Rapport de Branche 2025), en hausse de 10 % par rapport à 2022. Le secteur compte 5 012 entreprises et 210 500 salariés. Le gardiennage représente 66 % du chiffre d'affaires avec 7,34 milliards d'euros. L'Île-de-France concentre 43,6 % des effectifs.
Y a-t-il une pénurie d'agents de sécurité en France ?
Le nombre total de salariés est en hausse (+2,5 % en 2023), mais le secteur fait face à un déficit structurel de 10 000 à 20 000 postes non pourvus (France Travail/GES, mars 2025). En 2023, 193 000 embauches ont été enregistrées pour 185 000 départs. 30 % des agents ne renouvellent pas leur carte professionnelle à l'expiration des cinq ans. Le taux de turnover annuel (22 %) dépasse la moyenne nationale (15,5 %). Le principal facteur : un salaire d'entrée à 60 euros au-dessus du SMIC pour une profession réglementée exigeant 175 heures de formation.
Quel est l'impact des JO 2024 sur le secteur ?
Les Jeux ont entraîné la délivrance de 88 000 cartes professionnelles en 2024 (+80 %). 25 530 personnes ont été formées, dont beaucoup via le CQP PSGE (106 heures, carte temporaire expirant le 30 septembre 2025). Aucune donnée sectorielle consolidée sur la rétention de ces recrues n'a été publiée. Le déficit structurel de plus de 10 000 postes persiste en mars 2025. Depuis l'automne 2024, environ 100 entreprises du secteur font défaut chaque mois.
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